Le traditionnel Salon de la moto et des sports motorisés de Montréal s’est tenu la dernière fin de semaine de février au Palais des congrès. Il prenait place après le salon Expo Moto Québec qui avait mis la barre haute.
Plusieurs importateurs moto avaient répondu présent à l’appel de leur association Moto Canada, qui est l’organisateur du salon. Il y avait KTM Canada, Can-Am BRP, CFMoto, Harley-Davidson, Honda Canada, Groupe Piaggio ( Aprilia, Moto-Guzzi, Vespa), Triumph, et Yamaha. Les autres marques étaient représentées par leurs concessionnaires.
La Zone Xplrer accueillait la moto d’Aventure, une niche dynamique qui tire les ventes de moto au Québec. Il y avait également la Soirée des femmes au Salon Moto, animée par Chicks and Machines. Le Hangar 17 qui réunissait la communauté custom n’était pas reconduit cette année. La zone animation était confiée à Jordan Szoke, multiple champion Superbike qui exerçait ses talents de trialiste, tandis que Balance Bike faisait essayer des vélos Stacyc aux plus jeunes. Nous avons sélectionné cinq coups de cœur représentant bien ce salon qui sonne habituellement le début de la saison.
1- La soirée féminine avec une CFMOTO à gagner

Elle se déroulait le vendredi soir, avec un tarif d’entrée spécial pour les femmes. Le lieu de ralliement était le kiosque des Chicks and Machines qui étaient chargées de l’organisation. Les femmes venaient se faire prendre en photo et repartaient avec leur exemplaire en papier glacé. Les Chicks and Machines, les Litas, les Moto Social, elles étaient toutes là et se retrouvaient pour bien débuter la saison. Les nouvelles pratiquantes venaient prendre des conseils pour bien débuter dans une belle ambiance. Le clou du spectacle était le tirage au sort d’une CFMOTO 450 CL-C en présence de Cyndi Martin des Chicks, et d’Héléne Binet, présidente de CFMOTO CANADA. Un bon moment de convivialité qui démontre que les femmes ont leur place dans l’univers motocycliste.
2 – La Bimota Tesi H2 sur le kiosque de Motos Illimitées

Entourée de belles Ducati, la Bimota trônait dans l’allée centrale. Sur la base d’un moteur de Kawasaki Ninja H2 (231 ch, et jusqu’à 242 avec l’air forcé), le constructeur italien a bâti une moto spectaculaire, aux lignes acérées, et avec une particularité technique : Une direction à moyeu central. Ce n’est plus une fourche mais un bras oscillant fixé sur le moteur. Le moyeu de direction avant permet un angle de braquage de 27° tout en étant dissocié de la suspension ! En séparant les fonctions de guidage et d’amortissement, Bimota élimine la plongée au freinage, et redéfinit le pilotage en entrée de courbe.

Le site de vente en ligne FortNine a pris des parts dans le groupe Motos Illimitées qui possède deux magasins à Terrebonne et Montréal (Ducati Montréal et maintenant Triumph). Ce partenariat ouvre la possibilité de vendre en ligne des pièces d’origine (OEM) pour plus de 20 marques, en puisant dans le stock de l’inventaire de Terrebonne et en se servant de la logistique d’expédition de FortNine.
3 – L’espace Xplrer pour les motos d’aventure

C’est le lieu de ralliement de tous les aventuriers motocyclistes, et de ceux qui veulent entrer dans ce club fermé qui possède ses codes vestimentaires et sa conduite particulière. L’association Ridaventure organise ce petit monde, avec la coordination de l’événement La Classique et la gestion de l’application de la STQT qui recense 8000 km de sentiers secondaires au Québec. Une scène permettait à des intervenants d’aborder des thèmes liés à l’aventure. Marc Chartrand présentait les sentiers secondaires du Québec, qui sont listés dans l’application de la STQT. Il y a également la Trans Canada Adventure Trail qui est un tracé de 15 000 km qui traverse tout le Canada, de l’est de la Nouvelle-Écosse à la Colombie-Britannique. Parmi les exposants, on retrouvait la Classique Moto Fest, le concessionnaire Maximum Powersports Plus d’Hawkesbury, pas loin de l’école de pilotage Moto Vision Aventure. Il était intéressant de voir la présence de la FQMHR et d’Hydro-Québec. Patrick Trahan revenait du Dakar où il fait partie de l’organisation, pour promouvoir ses formations hors route de Touareg Aventures.

La communauté moto aventure montrait sa solidarité avec le milieu rural. Marc Chartrand et Sébastien Guy remettaient les dons récoltés pour l’opération « Debout dans nos rangs », dont l’objectif vise à soutenir la santé mentale et le bien-être des familles agricoles du Québec. 6000$ étaient remis à plusieurs organismes, dont « Au Cœur des Familles Agricoles » (ACFA), les Travailleurs de rang de l’Abitibi-Témiscamingue, Écoute Agricole, ainsi que des intervenants de Lanaudière.
Ce don confirme que la moto aventure ne se limite pas à à emprunter les sentiers, mais à comprendre et respecter l’environnement dans lequel elle évolue.
4 – Le mannequin Hardi de la SAAQ

Pour frapper les esprits, les spécialistes moto de la SAAQ ont développé un mannequin synthétique avec des matières très proches de la peau humaine. Surnommé Hardi, il est habillé comme un motocycliste traditionnel : casque jet, t-shirt/jean/espadrilles. Il est exposé comme s’il avait été victime d’une chute à 60 km/h. L’effet est saisissant. Comme souvent, la chute est latérale, suivie d’une glissade. Le casque a tapé par terre, la joue a été touchée et la mâchoire est fracturée. L’épaule a encaissé un gros choc et la clavicule est cassée. La peau est arrachée sur le point d’impact à l’épaule. Pendant la glissade, la peau a été éraflée sur le bras et l’avant-bras. La main, sans gant, est écorchée, et un doigt est cassé. Sur la partie inférieure, la cuisse et le genou ont la peau profondément entaillée. Le jean traditionnel n’est pas efficace en cas de chute. La chaussure a été arrachée, les orteils ont été touchés et la malléole a été la première atteinte car elle est très exposée.
Les dommages sont importants, même à une vitesse limitée. Il faut espérer que cet exemple tiré du réel fera réfléchir les motocyclistes peu vêtus.
L’autre axe de communication de la SAAQ était le port de l’airbag, qui amortit grandement les chocs en cas de chute. Ils faisaient éclater régulièrement des cartouches, pour montrer la vitesse de déploiement des airbags, gage d’efficacité du système.
5 – Le kiosque moto ETS et Milwaukee

Un kiosque apportait une touche de couleur rouge et un partenariat intéressant entre Milwaukee, une entreprise de fabrication d’outils électroportatifs, et les étudiants du club Comets de l’École de technologie supérieure de Montréal. L’objectif des Comets est de concevoir, fabriquer et assembler un prototype de moto de course avec une propulsion 100 % électrique, en 18 mois. Les études comprennent les analyses d’aérodynamisme, la conception de plans électriques, de circuits imprimés, la programmation du circuit de puissance de la moto ou l’analyse de la géométrie du prototype.

La moto prototype Atlas frise les 200 km/h et elle est engagée dans le championnat du monde MotoStudent sur le circuit d’Aragon en Espagne, où ces futurs ingénieurs ont remporté le prix Fair Play en 2025.
Le salon de la moto de Montréal a réussi son examen de passage, avec une bonne participation, car ces événements sont un peu remis en cause à l’époque des réseaux sociaux. La partie communautaire n’est pas à négliger, comme le prouve le succès de la zone Xplrer ou de celle des femmes. Les motocyclistes peuvent se retrouver autour de leur passion. C’est une partie de la solution avec comme améliorations la possibilité d’accueillir plus de kiosques d’animation et aussi de laisser plus d’espace entre les motos.


