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Visite au musée Motown Hitsville USA

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Table des matières

Salut les passionnés! Je suis, comme vous, un motocycliste mais avant tout un musicien.
J’ai eu la chance de partager la scène avec plusieurs artistes et de gagner ma vie pendant plus de dix ans comme musicien professionnel. Maintenant, j’enseigne la musique au secondaire et ce nouveau mode de vie me permet enfin de réaliser des rêves comme posséder une moto et voyager à mon goût pendant les vacances d’été.

Justement, en parlant de vacances, à l’été 2010, j’ai décidé de marier musique et moto en allant visiter Le Musée Hitsville USA à Détroit, au Michigan. Il s’agit de l’endroit même où la musique dite «Motown» a été enregistrée de 1960 à 1972. Les Jackson 5, Marvin Gayes, Steevie Wonder et beaucoup d’autres ont tous enregistré dans ce garage de maison transformé en studio. Le studio d’ailleurs n’a pas été modifié depuis sa fermeture en ‘72. Pour un musicien comme moi, passionné de cette époque et surtout junky des lignes de basse du génie James Jamerson, ce sous-sol est un monde de rêve. 

Première journée: 440 kilomètres (3 juillet-jour 1)

Je pars le 3 juillet de Rimouski vers les 10 heures. Le temps est clément et moi, je suis nerveux. C’est mon premier long voyage seul. Je roulerai 2 300 kilomètres en tout. J’attache alors mes valises sur ma nouvelle Suzuki Boulevard M90 et je pars. J’emprunte la 132 est jusqu’à la 20 juste avant Rivière-du-Loup, mais après seulement une demi-heure de route, je traverse déjà la première pluie de mon voyage. J’arrête et me change. Passé Rivière-du-Loup, je ne porterai plus mon ensemble de pluie du voyage. Bonne nouvelle… Rendu à Québec, je retrouve ma blonde à la place St-Foy pour un dîner en tête-à-tête. J’aime ma blonde! Cette première journée de voyage sera la plus courte. Je vais dormir à Drummondville chez de la belle famille, Guy et Hélène. Il fait très chaud, même à 21 h, et heureusement on m’attend sur le bord de la piscine. J’avoue qu’après les bisous de bienvenue, une ou deux gorgées de vin rouge et l’échange de quelques nouvelles fraîches, je me retrouve assez rapidement à faire la truite dans le fond de sa fosse. J’ai à ce moment même un sentiment de plaisir particulièrement intense. Ça commence bien tout ça.

Deuxième journée: 774 kilomètres (4 juillet-jour 2)

Vers 7 h, mon cadran sonne. Qu’est-ce qui se passe? J’ai l’impression d’être dans un sauna! Je me dis alors que ça doit être seulement dans ma chambre car je réalise que j’ai laissé la vitre fermée la veille. Mais non! Il fait une de ces chaleurs même dehors! Pendant quelques secondes, j’ai le souvenir du fleuve tout près de chez moi, ses brises salées et son effet si rafraîchissant… Comme mes hôtes sont au travail et que la maison est entourée d’une épaisse haie de cèdres, je me lance encore une fois dans la piscine, cette fois complètement nu. Après quelques minutes de barbotage que j’avoue indigne d’une performance olympique, j’avale ma dernière gorgée de café, attache mon sac de voyage sur le banc du passager et prends la direction de la station d’essence la plus proche question de faire le plein et d’acheter une grosse bouteille d’eau. Je prends également le soin de placer mon nouveau GPS dans son support. Par principe, ayant beaucoup voyagé dans mon ancienne vie de musicien, j’aime bien me fier à mon instinct avec un minimum d’informations et de directions et ce, même au risque de me perdre. Mais bon, des spectacles en Gaspésie m’attendent quelques jours après mon voyage et j’ai réservé mes chambres d’hôtel d’avance, alors je n’ai pas trop de latitude… Sur la route à 90 km/h, le vent me donne l’impression d’une météo plus clémente. J’écoute secrètement et discrètement de la musique Motown sous mon casque et le paysage m’enchante. Je traverse Montréal en utilisant le tunnel et prends la direction Ontario pour la 401. Il y a déjà beaucoup de motocyclistes sur la route. C’est très plaisant. Il fait tellement beau et la route est quand même très belle. J’en profite pour faire quelques arrêts ici et là pour me dégourdir et faire le plein. Tout près de Kingston, soit à 400 kilomètres de Drummondville, je commence à ressentir une fatigue intense au bas du dos et dans le cou. Je voyage sans pare-brise et ma position de conduite custom (avec les pieds devant) commence à me faire réaliser que ma moto n’est pas vraiment conçue pour de longs trajets. J’arrête maintenant à toutes les heures et demie. À une vingtaine de kilomètres de Toronto, c’est le jeu de l’accordéon qui commence. On arrête, on roule, on arrête, on roule. Ça dure tout près de 45 minutes. Une fois sur l’autoroute à quatre voies, tout redevient normal. Il ne me reste que 144 kilomètres à faire avant d’arriver à ma chambre d’hôtel à Woodstock, Ontario. Le soleil tombe lentement et une fraîcheur vient agrémenter ce beau spectacle. J’arrive à Woodstock vers 21 h. À ce moment, c’est difficile de quitter ma selle. J’ai tellement les fesses en compote que c’est douloureux de me lever. Une fois dans ma chambre, j’allume l’air climatisé. Je suis  content d’avoir roulé 774 kilomètres sans problèmes. Il ne me reste à ce moment qu’à appeler mon amoureuse et ensuite reposer mon derrière en écoutant un reportage sur dvd qui porte évidemment sur les studios Motown, ses musiciens et son époque. Je suis nerveux tellement j’ai hâte à demain…  Bonne nuit!

Troisième journée: 512 kilomètres (5 juillet-jour 3)

Aujourd’hui, c’est le jour RR, comme dans «réaliser un rêve». À 10 h, je suis enfin prêt.
Je fais une fois de plus le plein d’essence et d’eau et c’est le grand départ. Je remarque par contre que mon pneu arrière s’est usé très rapidement seulement en deux journées de route. Probablement un effet de la chaleur. Je me rends également compte que ma moto me demande un peu plus d’efforts pour engager les courbes. C’est normal j’imagine… Quelques heures plus tard, j’arrive aux lignes américaines en face de Détroit. Je suis surpris de constater qu’il n’y a pas beaucoup de temps d’attente pour un 5 juillet. Les Américains sont probablement tous sur un lendemain de veille… Il fait tellement chaud que la première chose que le douanier me demande est comment j’ai fait pour garder ma veste dans une chaleur pareille… J’ai une veste renforcée aux coudes et dos avec un million de petits trous d’aération. Ensuite, il me pose dix fois la même question avec différentes formulations. Je lui dis que je m’en vais visiter le musée Hitsville USA et il n’a aucune idée de ce que c’est… Inculte va… Une fois les lignes passées, je me rends compte de la pauvreté qui règne dans cette partie de la ville. L’ancienne ville de la voiture, appelée Motortown, n’est plus qu’un restant de vieilles maisons en décomposition. C’est presque une ville fantôme. Au guidon de ma moto, j’ai l’impression de faire un retour dans le temps.

Une fois devant le musée, j’ai le souffle court. Mon GPS m’a bien guidé et ce, sans erreurs. Je prends quelques photos et me prépare à entrer quand soudain, deux jeunes filles  qui semblent tristes m’annoncent la nouvelle: C’EST FERMÉ! Ils n’ont fait qu’une seule visite en avant-midi et sont fermés en après-midi… Non! C’est impossible! Rien n’est indiqué sur le site internet! Alors, je prends mon courage à deux mains, m’avance vers un vendeur de t-shirts contrefaits de Michael Jackson qui se tient juste devant le musée et lui demande où je peux trouver un guichet. J’embarque sur ma moto, décidé de soudoyer quelqu’un pour avoir le droit au bonheur moi aussi… Je retire deux cents dollars et retourne au musée. Une fois devant une porte vitrée, entre les deux parties du musée, je cogne et bizarrement une femme arrive derrière moi pour me demander si j’ai besoin d’aide. Je lui explique ma situation et lui offre cent dollars pour visiter le studio. À ma grande surprise, elle refuse sous prétexte qu’elle ne peut profiter de moi de la sorte, mais m’offre de faire un don au studio à la place. J’accepte et elle me fait faire la visite des lieux. J’ai le coeur qui fait un solo de drum… On y va… Les vieux bureaux du propriétaire sont encore là, la réception et ses trois vieux téléphones noirs à roulettes aussi ainsi q’une vieille distributrice de Coke et ensuite les marches qui mènent au studio. Il y a toujours de vieux instruments et la fameuse régie. Les murs sont tachés de boucane de cigarette et les vibrations sont encore là. Vous n’avez aucune idée à quel point mes sens sont en émoi. Je touche les instruments et les murs, question de garder le plus de souvenirs différents dans ma tête. Me voilà sur un nuage. Je quitte et retourne à l’hôtel par un chemin différent. Il fait toujours beau, c’est même très chaud. Une fois à l’horizontale, je prends mon temps pour me laisser envahir de musique et d’images, de souvenirs et de pur bonheur.

Quatrième journée: 774 kilomètres (6 juillet-jour 4)

Aujourd’hui, il fait toujours aussi beau, mais une petite brise me fait du bien. C’est le retour chez la belle famille à Drummondville, leur bonne humeur, leur générosité et leur piscine rafraîchissante… Mais comme vous le savez, les accidents arrivent vite. À quelques kilomètres devant moi, juste avant Kingston, un accident mortel oblige la fermeture du chemin pendant 6 heures et là commence la valse des détours. Toujours accompagné de mon GPS, je croise un couple en moto et ils me suivent jusqu’à ce que l’on retrouve la 401 un peu plus loin. Je perds 90 minutes en tout, mais prends le temps de discuter avec ce couple d’Ontario qui s’en va à Montréal à tous les arrêts dignes de ce nom.  Le reste du voyage se passe très bien, mais une fois à Montréal, devant l’entrée du tunnel, c’est l’arrêt complet. Un autre accident. Après vingt minutes de pure souffrance (il fait tellement chaud), nous sommes encore en mouvement. Je roule jusqu’à Drummondville. Après une petite jasette, un petit rouge et une autre saucette, c’est un repos bien mérité. 

Cinquième journée: 440 kilomètres (7 juillet-jour 5)

Après une autre bonne nuit de chaleur et une pratique de ma routine de nage synchronisée en solo, je retourne sur ma selle. Il fait tellement chaud qu’à l’arrêt,  je transpire à grosses gouttes. Cette fois-ci, je fais le plein mais oublie de m’apporter de l’eau. Malheur…Tout près de Québec, je fais une attaque de chaleur. Le paysage devient flou et j’ai l’impression que mes sens s’engourdissent. Je passe à deux cheveux de perdre connaissance tout en roulant à 100 km/h. J’arrive deux kilomètres plus loin à une halte routière et je réussis de peine et de misère à sortir le pied latéral de ma moto. J’ai les mains tremblantes et je suis incapable de prendre mon argent dans mes poches. Le vendeur itinérant, ancien pompier de la ville de Montréal me voyant dans la misère et sur le point de perdre connaissance, m’offre une bouteille d’eau. Par la suite, une fois un peu mieux, j’achète trois bouteilles d’eau et un Gatorade jaune que je m’en vais me siffler, assis à l’ombre sous un sapin. Après une demi-heure d’angoisse, tout revient à la normale. J’achète deux autres bouteilles et retourne sur ma moto.

Après Trois-Rivières, juste avant la fin de la 20, la température chute de huit degrés et il y a des réparations de chaussée qui nous arrêtent pour deux heures selon les estimations du flagman. Je décide une fois de plus de suivre mon GPS qui m’indique une route alternative, mais cette fois, je me retrouve dans un chemin de terre où je rencontre des camions de transport. Beau travail! J’ai perdu 90 minutes dans le bois, complètement perdu ou presque. J’ai croisé un chevreuil et des chalets. Belle finale de voyage hein? Une fois rendu à Rimouski, ma blonde se balance dans la cour, un livre à la main, toute bronzée et contente de me voir. Moi, j’ai plein de belles histoires à raconter et les fesses complètement foutues! Home sweet home!

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Ian Lévesque

Ian Lévesque

Rimouski
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