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Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord

Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord

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Table des matières

Le projet « Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord » est né autour d’une table de restaurant, comme ça, en discutant de sports motorisés en général. Voulant rouler entre copains, on concocte un itinéraire susceptible de combler notre goût de bouffer de l’asphalte : on va défoncer la 138 en roulant jusqu’à Natashquan! Le vrai projet de conquérant serait de se rendre au bout des bouts à Kegaska, mais le fait de rouler 120 km sur du gravier ne souriait pas du tout aux participants dont deux ont de pures motos routières. Alors nous sommes quatre : Simon, Danny, mon fils Vincent et moi.

Le temps passe et en approchant le jour du départ, deux des partenaires se désistent pour raisons personnelles. C’est sûr qu’il y a eu une déception, mais la randonnée prend une tournure spéciale, soit une randonnée père-fils. Les pères de famille qui ont eu la chance de rouler avec leur progéniture savent que ce sont des moments précieux qu’ils chériront dans leur cœur toute leur vie. Sans trop savoir pourquoi, il s’installe une complicité qu’il est difficile d’avoir dans le tumulte de la vie quotidienne. Le climat devient propice à avoir des discussions philosophiques sur le vrai sens de la vie, ou partager la manière qu’on la perçoit.

Jour 1 : Départ vers Havre-Saint-Pierre

Étant résidents du Bas-Saint-Laurent nous avons décidé de prendre la traverse de Trois-Pistoles pour se rendre sur la Côte-Nord. Le valeureux traversier Héritage 2 qui a été construit dans les années 70 ne traverse pas très vite car la durée de la traversée est d’une heure et demie. Mais on m’explique que la vitesse est coordonnée avec les heures de marée. En effet, le bateau ne peut pas accoster à marée basse à Trois-Pistoles à cause de la profondeur d’eau insuffisante. Rien ne sert donc de cravacher les machines pour revenir s’échouer avant que l’eau ait eu le temps de remonter. Le bateau quitte la rive et met le cap vers Les Escoumins en croisant sur son chemin quelques bélougas et marsouins. C’est quand même joli à voir! 

Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord

Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord – « Trois-Pistoles s’éloigne doucement »

Une fois traversés, le plein des motos fait et après avoir cassé la croute, il est déjà 10 h 30 passé quand nous commençons à rouler vers l’est. Havre-Saint-Pierre se trouve à 600 kilomètres et il faudra rouler à bonne cadence pour y arriver à une heure raisonnable. Le trajet se déroule sans histoire jusqu’à Baie-Comeau. Nous pouvons voir de beaux paysages sur le parcours, mais la route est plutôt monotone. Après avoir abreuvé les montures mécaniques, Vincent découvre que la barrure de visière de son casque s’est détachée.  Nous l’avons cherchée en passant au crible les quatre coins du parking, et une fois trouvée, nous repartons toujours vers l’est. 

À partir de Baie-Comeau, la route devient beaucoup plus intéressante à rouler. Elle suit le terrain accidenté dont le sol contient beaucoup de roc. Elle s’y fraye un chemin en gravissant et descendant des côtes avec de bonnes pentes, et tournant et serpentant à travers vallées et en évitant les falaises rocheuses. On peut aussi y voir des lacs qui bordent et qui sont même traversés par la route. Ce spectacle de la nature, par ses blocs de rocs rouges apparents auxquels s’accrochent des épinettes, la succession des plans d’eau qui se succèdent aux détours des courbes et qui effleurent la route, montre un côté sauvage qui n’a rien à envier aux plus belles routes de la Gaspésie. Le plaisir se poursuivra jusqu’à Baie-Trinité où la route descend des montagnes et revient au niveau du littoral. 

Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord
 Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord– « Pause à Baie Trinité »

Nous prenons une petite pause dans une halte municipale de Baie-Trinité vers 15 h 00 et constatons qu’il reste encore au moins 360 km jusqu’à la destination prévue de Havre-Saint-Pierre. Même en cravachant solidement et en s’allouant une demi-heure pour mettre de l’essence et grapiller un sandwich quelque part, il sera difficile d’y arriver avant 19 h 30 et ce, sans prendre de pause. Si tard en soirée et avec la fatigue, c’est un objectif qui s’annonce éreintant. Voyant l’approche de lourds nuages d’orage, nous décidons de reprendre la route vers Sept-Iles où nous planifierons la suite des choses. 

Au fil des courbes de la route, nous réussissons pendant un temps à éviter l’orage qui, finalement, nous rejoint. Nous avons essuyé un copieux orage pendant une dizaine de kilomètres où nous avons testé l’imperméabilité de nos vêtements de protection, qui ont tenu le coup. En arrivant à l’entrée de Sept-Iles, nous nous arrêtons au parc Squirell qui offre une vue splendide sur la baie de Sept-Iles

Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord

Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord – « Une belle vue de la baie de Sept-Iles »

Comme il passe 17 heures, nous prenons la décision d’écourter notre étape de s’arrêter à Sept-Iles pour la première journée. La prudence plate d’un quinquagénaire qui s’inquiète pour la sécurité de son garçon (et la sienne, il faut l’avouer) nous dicte de ne pas forcer outre mesure pour arriver à Havre-Saint-Pierre dans l’obscurité. Cela nous a toutefois permis de découvrir une microbrasserie locale qui propose une carte de menu étoffée et un sextuor de bières remarquablement abouties et équilibrées.

Jour 2 : De Sept-Iles à Havre-Saint-Pierre aller-retour

En mangeant notre frugal petit déjeuner, nous discutons de l’itinéraire que nous voulons adopter pour la journée. Sachant que le jour 3, nous devons partir le matin de Sept-Iles pour attraper le traversier à Godbout a 10 heures, nous évaluons trois options : tourner autour de Sept-Iles pour visiter les points de vue et attraits touristiques, se rendre à Natashquan aller-retour, ou à Havre-Saint-Pierre aller-retour.

La première alternative de virer en rond ne nous sourit guère et la deuxième est encore une cavalcade de plus de 700 kilomètres et de plus de huit heures sans compter les arrêts pour l’essence, les pauses pour récupérer et manger. On décide donc d’aller à Havre-Saint-Pierre et d’en revenir. 

La route une fois passé la sortie est de la ville devient un long ruban d’asphalte qui repose sur le sable et bordé d’épinettes. La région étant dotée d’un important bassin hydrographique, nous croisons des rivières larges ou au débit impétueux. Il ne suffit que s’arrêter pour voir les cours d’eau offrir des spectacles majestueux. 

Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord – « Chute de la rivière Manitou vue du pont de la 138 »

À voir ces chutes majestueuses, on comprend pourquoi l’État québécois a harnaché plusieurs rivières de la Côte-Nord et pourquoi il en a d’autres à l’œil pour le faire s’il peut obtenir l’acceptabilité sociale de la population locale. Nous roulons sereinement sur cette route qui permet de maintenir une cadence confortable en raison du faible achalandage et de ses longues lignes droites qui nous font passer aisément une des rares caravanes  venues dans le coin en ces temps sombres où l’essence est à 2 $ le litre!

En traversant le pont de fer de la rivière Sheldrake, il s’ouvre devant nous un panorama enchanteur du large cours d’eau qui se jette dans le fleuve et nous accédons à une zone où la géométrie routière est vraiment d’une autre époque. Les courbes ont des rayons courts, la route ondoie sans qu’on sache vraiment pourquoi, mais c’est très agréable d’y piloter sa moto.

« Le pont de fer de Sheldrake, qui est menacé par l’érosion côtière »

Cette sensation de route hors du temps s’explique par le fait que le tronçon de Sheldrake jusqu’à Havre-Saint-Pierre existait depuis plusieurs années et était enclavé avant son raccordement au réseau provincial en 1976. En progressant, les arbres raccourcissent et la végétation qui parvient à couvrir le sable nous rappelle qu’on monte toujours plus vers le nord. Passé la rivière Romaine (et non pas La Romaine du complexe hydro-électrique), nous roulons jusqu’à Havre-Saint-Pierre dans une grande plaine de tourbières. C’est inhabituel de rouler sur un ruban d’asphalte qui semble flotter à perte de vue sur des champs qu’on devine saturés d’eau en voyant les étangs épars partout et les fossés pleins. À voir les poteaux électriques plantés dans des barils d’acier galvanisés emplis de roches, on devine que la capacité portante du sol approche zéro.

Avec ces grandes étendues libres de tout obstacle contre les vents qui arrivent des montagnes au nord, on devine les conditions routières hivernales exécrables causées par la poudrerie. Pour pallier ce problème, le ministère des Transports a déployé plusieurs centaines de structures de bois qui, comme des sentinelles, bloquent le vent qui souffle sur la route.

Nous arrivons finalement à Havre-Saint-Pierre où nous tournerons de bord. Cette municipalité a été, jusqu’à la fondation de Baie-Comeau en 1936, la plus grande agglomération de la Minganie. Vers 1850, un groupe de familles acadiennes choisissent de s’y établir afin d’y prospérer. Sachant cela, on comprend pourquoi les citoyens ont un accent cayen marqué, dont ils sont fiers et utilisent comme un attrait! Havre-Saint-Pierre a beau être située très loin des grands centres, son histoire est riche et intéressante à découvrir.

« Une petite pause sur le quai de Havre-Saint-Pierre »

Le retour vers Sept-Iles se fait paisiblement. Comme le trajet du lendemain sera simplement de rouler vers Godbout pour prendre le traversier, il n’y aura pas de grande découverte à s’attendre de ce côté. J’apprécie vraiment le voyage que je fais en compagnie de mon fils Vincent. Je le vois rouler devant moi et à voir son casque tourner de gauche à droite, il s’émerveille lui aussi du spectaculaire panorama que la nature nord-côtière offre à quiconque prend le temps de l’admirer.  Le temps est l’autre aspect qu’il faut considérer dans l’équation d’un voyage réussi. Il ne faut pas chercher à faire un marathon pour abattre les kilomètres, mais se donner le temps d’arrêter si on veut faire des découvertes d’intérêt. Nous avons limité les dégâts en renonçant à se rendre à Natashquan. Nous avons dégagé un peu plus de souplesse dans l’horaire, mais une journée de plus n’aurait pas nui. Y aura-t-il une reprise l’an prochain pour atteindre Natashquan? Fort probablement, avec tout le temps nécessaire pour profiter des attraits du coin! Tiens-le-toi pour dit garçon!

Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord

Virée panoramique en moto sur la Côte-Nord – « On ne peut qu’être émerveillé par la Côte-Nord! »

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Pierre Allard

Pierre Allard

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