Il y a des motos qui donnent envie de partir à l’autre bout du monde dès qu’on tourne la clé. Et il y en a d’autres qui nous rappellent qu’avant de traverser trois pays, il faut quand même rentrer à la maison pour nourrir le chien. La Honda XL750 Transalp 2026 appartient clairement à la deuxième catégorie… mais ne vous y trompez pas : elle est parfaitement capable de vous emmener beaucoup plus loin que prévu.
La Transalp propose une recette qui a fait ses preuves : un bicylindre de 755 cm³, une boîte manuelle à six rapports, une roue avant de 21 pouces, des suspensions à grands débattements et une position de conduite pensée autant pour la route que pour les chemins. Bref, une moto qui semble avoir été conçue avec une idée simple : « On va prendre la route… et on verra bien où elle nous mène. »

Un moteur qui ne manque pas de souffle
Le bicylindre parallèle de 755 cm³ demeure l’un des principaux atouts de la Transalp. Avec ses 91,8 chevaux et 75 Nm de couple, il offre suffisamment de répondant pour s’amuser sur une route sinueuse, doubler sans avoir besoin de calculer la distance jusqu’à la prochaine borne kilométrique et maintenir une bonne vitesse d’autoroute sans donner l’impression de martyriser le moteur.
Son calage à 270 degrés lui donne également un caractère intéressant. Le moteur est souple à bas régime, volontaire au milieu du compte-tours et devient franchement amusant lorsqu’on ouvre généreusement les gaz.
Ce n’est toutefois pas une machine conçue uniquement pour faire des wheelies devant la quincaillerie du coin. Honda a privilégié une livraison de puissance progressive et prévisible. Une philosophie qui colle parfaitement à une moto destinée à voyager.
Et lorsqu’on décide de quitter l’asphalte, cette douceur devient un avantage. Sur une surface moins adhérente, il est beaucoup plus facile de doser l’accélérateur sans transformer le chemin forestier en séance de rodéo.

Une boîte manuelle comme on les aime
La Transalp 2026 utilise une transmission conventionnelle à six vitesses et un quick shifter. Pas de DCT, pas d’E-Clutch, pas de bouton magique : on embraye, on change les rapports et on profite du plaisir de piloter.
Les rapports sont bien étagés et permettent de garder le moteur dans sa zone de fonctionnement idéale. Sur les routes secondaires, la boîte accompagne parfaitement le caractère du moteur et permet de jouer avec les rapports dans les virages.
Sur autoroute, la sixième permet de rouler confortablement tout en gardant suffisamment de réserve pour effectuer un dépassement.
Et contrairement à certaines motos modernes qui semblent avoir besoin d’un diplôme universitaire pour comprendre leurs menus électroniques, la Transalp demeure relativement simple à apprivoiser.




Une partie cycle qui aime les courbes
La Transalp conserve ses roues de 21 pouces à l’avant et 18 pouces à l’arrière, une combinaison classique dans le monde de l’aventure.
Sur la route, la grande roue avant ne l’empêche aucunement d’être agréable dans les virages. La moto se place facilement et change de direction avec une facilité surprenante.
Sur nos routes québécoises, où « beau pavé » et « route parfaite » sont parfois deux expressions qui ne se rencontrent jamais, les suspensions font un excellent travail pour absorber les imperfections.
La Transalp est également suffisamment légère et maniable pour qu’on oublie rapidement qu’on est assis sur une moto capable de quitter l’asphalte.



Et quand la route finit?
C’est justement là que la Transalp devient intéressante.
Ce n’est pas une enduro de compétition déguisée en moto d’aventure. Et personne ne devrait partir dans un chemin de bouette profonde avec l’intention de prouver quelque chose à son voisin.
Par contre, pour les chemins forestiers, les routes de gravier et les sections où l’asphalte a décidé de prendre sa retraite, la Transalp est parfaitement à son affaire.
La position debout est naturelle et le contrôle de la moto demeure rassurant. Son équilibre général permet de s’aventurer hors des sentiers battus sans avoir constamment l’impression qu’on vient de signer un contrat avec CAA.

Confort et technologie
La selle de 850 mm offre une position de conduite droite et confortable. L’ergonomie générale est bien adaptée aux longues journées.
L’écran TFT couleur de 5 pouces est clair et permet d’accéder aux différents paramètres de la moto. Les différents modes de conduite permettent également d’adapter la réponse de la moto aux conditions.
La technologie est présente, mais Honda évite généralement de transformer la moto en ordinateur portable avec deux roues.

Les points forts
+ Moteur souple et énergique
Le bicylindre offre suffisamment de puissance pour voyager à deux et s’amuser en solo.
+ Excellente polyvalence
Route, autoroute, petites routes sinueuses et chemins de gravier : la Transalp accepte presque tout.
+ Maniabilité
Malgré son gabarit, elle se montre facile à piloter et rassurante dans les virages.
+ Confort
Une ergonomie bien pensée qui permet d’enchaîner les kilomètres sans avoir besoin de réserver une place chez le chiropraticien.
+ Roue avant de 21 pouces
Un véritable avantage lorsque l’asphalte disparaît et que les chemins deviennent moins prévisibles.
+ Simplicité de la boîte à six rapports
Une transmission conventionnelle, précise et agréable à utiliser avec son quick shifter souple.
Les points faibles
– Protection contre le vent perfectible
Pour les longues étapes d’autoroute, certains pilotes souhaiteront une bulle plus protectrice.
– Suspensions orientées polyvalence
Elles font très bien leur travail, mais les pilotes qui attaquent sérieusement les chemins hors route pourraient rapidement souhaiter davantage de possibilités de réglage.
– Protection de série limitée pour le hors route engagé
Pour partir longtemps sur les chemins forestiers, quelques accessoires de protection deviennent rapidement intéressants.
– Caractère moteur moins spectaculaire que certaines concurrentes
La puissance est suffisante, mais ceux qui recherchent une expérience franchement explosive pourraient rester sur leur faim.
– Équipement à personnaliser pour le grand voyage
Comme plusieurs motos d’aventure, la Transalp devient réellement prête pour les longues expéditions lorsqu’on lui ajoute valises, protections et quelques accessoires.


Verdict
La Honda XL750 Transalp 2026 ne cherche pas à être la moto la plus grosse, la plus puissante ou la plus impressionnante du stationnement.
Et c’est probablement une de ses grandes qualités.
Elle propose plutôt un équilibre particulièrement réussi entre confort, performances, polyvalence et facilité de conduite. Elle peut servir pour aller travailler le lundi matin, partir en randonnée le samedi et se retrouver sur un chemin de gravier le dimanche sans demander au propriétaire de choisir une seule personnalité.
Avec sa boîte manuelle à six rapports, son moteur énergique et son excellente maniabilité, la Transalp demeure une moto facile à apprécier et difficile à catégoriser.
Le seul véritable danger?
Partir pour une petite balade de deux heures… et revenir trois jours plus tard en disant à sa conjointe :
« Ben voyons… j’étais juste allé faire un tour! »
Merci à Honda Canada pour l’essai de cette Transalp 2026.


