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Hivernation de la moto : le petit deuil du motocycliste québécois

hivernation de la moto

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Ça y est… l’automne est arrivé.

Les feuilles tombent, les températures descendent et, tranquillement, ton chum commence à parler de vendre sa moto parce qu’il vient de réaliser qu’il va devoir attendre six mois avant de la ressortir.

Pour un motocycliste, l’hibernation de la moto, c’est pas juste une affaire mécanique. C’est une séparation temporaire. Une rupture difficile. Une période de deuil.

Tu regardes ta moto dans le garage pis tu te dis : « On va se revoir au printemps, ma belle… »

Elle, évidemment, ne répond pas. Mais elle te juge.

Parce qu’elle sait très bien que tu vas passer les prochains mois à regarder des vidéos de motos sur Internet, à magasiner des accessoires dont t’as absolument pas besoin et à dire à ta blonde : « Regarde ça! Ça prendrait ça sur la moto! »

Et ta blonde va répondre : « T’as-tu vraiment besoin de ça? »

Et toi : « Non… mais c’est important. »

Ben oui.

Préparer le système d’essence pour l’hiver

On commence par s’occuper de l’essence. On ajoute du stabilisateur, puis on fait une petite randonnée d’environ 20 minutes pour que le produit circule.

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Le stabilisateur d’essence est un ajout crucial dans le réservoir pour l’hiver.

Et là, attention… C’est probablement la seule fois où un motocycliste va être heureux de se faire dire : « Va faire un tour pour préparer ta moto. »

Normalement, quand ta blonde te demande d’aller faire une commission, c’est pour aller chercher du lait.

Cette fois-ci, c’est : « Chérie, faut que j’aille rouler vingt minutes pour la mécanique. »

Ça passe mieux.

On remplit ensuite le réservoir avec du super sans plomb, parce qu’un réservoir plein, ça aide à limiter la condensation.

Et parce qu’on est incapable de laisser notre moto avec seulement 14 $ d’essence dedans.

Vérifier les liquides et faire le changement d’huile

Ensuite, on vérifie les fuites et les niveaux de liquide.

C’est un peu comme faire le bilan de santé de la moto avant son long sommeil.

On regarde partout : sous le moteur, autour des boyaux, près des raccords. Et si tu trouves une petite goutte : « Ah… ça, c’était pas là avant. »

Évidemment que ce n’était pas là avant. C’est justement pour ça qu’on vérifie!

On profite aussi de l’occasion pour faire le changement d’huile.

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On en profite pour faire le changement d’huile.

Parce que si tu laisses de l’huile usée dormir tout l’hiver dans ton moteur, elle ne deviendra pas meilleure par magie. C’est pas du vin.

Inspecter la transmission finale

Pour ceux qui ont une chaîne, c’est le temps de regarder la chaîne, le pignon et la couronne.

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Il est important de vérifier l’état de la chaîne.

Et c’est là que tu réalises que t’aurais peut-être dû lubrifier ça un peu plus souvent.

Tu regardes ta chaîne et tu te demandes : « Est-ce que ça, c’est encore bon? »

Ton chum répond : « Si ça bouge, c’est bon. »

Non. Ce n’est pas une méthode de diagnostic. Pour juger si une chaîne de moto est encore bonne, tire sur un maillon au niveau de la couronne arrière : s’il se décolle de plus d’une demi-dent, la chaîne est trop usée et doit être remplacée. Il faut aussi contrôler l’absence de points durs dans les maillons et vérifier que les dents du pignon et de la couronne ne sont pas usées en forme de crochet.

Faire un bon lavage avant l’entreposage

Après ça, on lave la moto. Et pas juste avec un petit coup de boyau vite fait.

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Opération lavage en profondeur.

On nettoie la cochonnerie accumulée pendant la saison : les moustiques écrasés, la bouette, le calcium, les traces de calcium, les traces des traces de calcium.

Bref, tout ce qui rappelle les belles routes du Québec.

C’est aussi une bonne façon de découvrir des dommages qu’on n’avait pas remarqués.

Empêcher les petites bestioles de s’installer

Une étape souvent oubliée : obstruer l’admission d’air et les sorties d’échappement.

Pourquoi?

Parce que les souris, elles aussi, aiment les motos. Surtout pour faire leur nid. Une souris qui voit une moto dans un garage se dit pas : « Ah! Un véhicule motorisé. »

Elle se dit : « Wow! Un condo chauffé! » Alors on bloque les entrées et on en profite aussi pour vérifier le filtre à air. On sait jamais ce qu’on peut y trouver : des feuilles? De la poussière? Une araignée?

Ou, dans certains cas, assez de matière organique pour démarrer une ferme.

Entreposer et entretenir la batterie

Ensuite, on s’occupe de la batterie.

On la retire, on vérifie son état, le boîtier, les connexions et les signes de corrosion. Puis on l’entrepose dans un endroit sec et tempéré. Pas dehors ou dans la remise à -25 °C. Pas sur le plancher humide du garage à côté de la souffleuse.

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L’entreposage de la batterie doit être fait de la bonne façon.

Idéalement, autour de 10 °C ou plus.

On peut ensuite brancher un chargeur d’entretien à basse intensité, avec une minuterie si nécessaire, afin de maintenir la batterie correctement chargée.

Parce qu’une batterie de moto, c’est un peu comme un vieux chum : si tu l’abandonnes pendant six mois, faut pas être surpris si elle te laisse tomber au printemps.

Prendre des notes pour le printemps

Avant de couvrir la moto, on prend des notes : réparations à planifier, pièces à remplacer, modifications prévues, entretien à faire.

Parce que dans six mois, tu vas être assis dessus avec ton casque sur la tête, prêt à partir, pis tu vas te demander :

« C’était quoi donc que je devais réparer? »

Écris-le. Fais-toi une liste. Prends une photo. Envoie-toi un courriel. Grave-le sur la tank s’il faut, mais note-le quelque part!

Choisir le bon lieu d’entreposage

Finalement, on choisit un endroit sécuritaire à l’abri de la neige, des produits corrosifs et surtout… à l’abri du vol.

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Une housse est utile pour bien protéger la moto.

Parce qu’une moto qui disparaît pendant l’hiver, ça rend le printemps particulièrement plate.

On peut aussi la soulever sur la béquille centrale ou utiliser un support approprié pour réduire la charge sur les pneus et les suspensions.

Puis, finalement, on met une housse. Une vraie housse.

Pas une vieille couverture de Noël avec des bonhommes de neige dessus.

Et voilà… la moto est prête à hiberner

La moto est prête, le garage est tranquille. La batterie dort, le réservoir est plein, l’huile est neuve, la chaîne est lubrifiée et les souris sont frustrées.

Et toi? Toi, t’es assis dans la cuisine à regarder dehors pendant qu’il neige.

Ta moto est sous sa housse, tu prends une dernière gorgée de café et tu murmures : « Encore cinq mois… »

Puis tu ouvres ton téléphone : « Juste pour regarder les motos usagées. »

Deux heures plus tard, t’as trouvé une nouvelle moto à acheter, trois pneus, un échappement, des valises et un kit de suspension. Finalement… Ce n’est peut-être pas la moto qui hiberne, c’est juste ton portefeuille qui va passer l’hiver dans un coma artificiel.

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