Mi-avril. L’hiver s’éternise au Québec… Pendant qu’on ne sait plus trop quoi faire ici, les sports d’hiver terminés et la chaleur tardant à arriver, pourquoi ne pas aller explorer les superbes routes du Sud de la France à moto ? C’est ce que je fais depuis plusieurs années en y accompagnant des motocyclistes québécois. J’adore cette période de l’année pour aller rouler en Provence ! Ça permet de raccourcir l’hiver et de rallonger notre saison de moto !

J’arrive donc d’un mois à rouler sur les plus belles routes de France. En Provence, le soleil y est présent environ 300 jours par année ! Lors de mon arrivée à Marseille le 12 avril, ce sont deux belles journées ensoleillées qui m’attendaient et le mercure indiquait 30 degrés : exceptionnellement chaud, oui. S’en sont suivies 3 semaines de temps plus frais, voire froid par moment, le mercure ne savait plus où donner de la tête ! En effet, les températures ce printemps furent un peu chaotiques. En discutant avec les locaux, ils nous ont confirmé n’avoir jamais assisté à de telles sautes d’humeur de Mère Nature à cette période de l’année !
Arrivée et préparatifs à Marseille
Mais, quoi de mieux qu’une aventure à moto dans un environnement magnifique, sur des routes exceptionnelles ?
C’est en arrivant à Marseille que je découvre et visite le nouveau local de Road2Luxe ! Juste wow ! Vaste, ergonomique, pratique, petite boutique intégrée, y a de quoi être fiers ! Je prends possession d’une BMW 1250 GS qui sera ma compagne pour la semaine. Aujourd’hui il fait beau et chaud, on est mi-avril et tout est en fleurs ici ! C’est parti, YAHOO !!


Je récupère donc les clients à l’hôtel qui à leur tour prennent possession de leur moto. Nous sommes fins prêts pour l’aventure ! Petite virée à la plage, question de se familiariser avec les motos et d’humer l’air marin, puis nous nous dirigeons vers l’hôtel avec un arrêt aux arènes d’Arles. Il n’y a pas de doute, on roule dans l’histoire où les architectures romaines et médiévales se côtoient ! Nous traversons les vignobles des Costières-de-Nîmes, timidement les feuilles des vignes se déploient au soleil.
Départ sur la route de la Camargue
Le lendemain, la Camargue nous attend avec ses taureaux, ses chevaux blancs et ses flamants roses. Rendus à Méjanes, je rencontre par hasard mon ami français Lionel que j’ai accompagné dans mon groupe “Colorado 2022” ! C’est fou hein ? Comme le monde est petit !
On enfourche les motos et puis on se rend à la jolie petite ville gitane des Saintes-Maries-de-la-Mer pour le lunch. La route est douce et calme, il s’agit d’une journée d’acclimatation pour les participants qui apprennent à connaitre leur moto tout en se familiarisant à la façon de conduire en France. La ville fortifiée d’Aigues-Mortes nous accueille ensuite les bras ouverts et les participants s’y baladent à l’intérieur des remparts : MAGIQUE !

Les routes des Alpilles sont sinueuses, mais délectables.
Le lendemain matin, nous enfourchons les motos en se dirigeant vers les Baux-de-Provence. Cité médiévale magnifique, elle charme par sa beauté et son essence unique. Inspirante pour plusieurs artistes peintres, on a l’impression de se retrouver au Moyen Âge.


Les routes sinueuses des Alpilles permettent d’apprécier et d’optimiser les qualités des motos, pour la plupart des BMW. Le plaisir commence vraiment ici, de petits virages apparaissent progressivement et on apprécie le paysage atypique qui nous entoure. Ça sent bon ! Plus de 800 espèces végétales y sont répertoriées !


Puis le spectaculaire mont Ventoux sera notre prochain défi, ce phare géologique de la région que l’on voit de partout autour ! Prisée par les cyclistes, la route qui mène au sommet est fort impressionnante ! De loin, la cime semble enneigée, mais il s’agit plutôt d’un amas de roches (malgré qu’il y eût un peu de neige côté nord) … On y annonce alors des vents exceptionnels et des températures froides au sommet. Certains membres du groupe tiennent absolument à se rendre tout en haut malgré mes avertissements. Alors que quelques-uns restent plutôt au Chalet Raynard le temps de l’ascension finale, j’accompagne les intrépides pour vivre une expérience de haute voltige ! Rendue là-haut, je suis incapable de descendre de ma moto tellement il vente et qu’il fait froid (les photos ne rendent évidemment pas justice à la situation !) ! Mais, mission accomplie, photo à l’appui, tout le monde est sain et sauf et… content !
S’ensuivent les vertigineuses Gorges de la Nesque (ma route préférée dans la région) où la qualité du bitume est parfaite : mon cheval de fer en redemande !
Le Mistral, ce vent froid du nord, continue de s’époumoner…
Rouler dans les gorges du Verdon
Le lendemain, nous roulons à travers les plus beaux villages de France, dans le Luberon : Gordes, Lourmarin, Roussillon, pour n’en nommer que quelques-uns. Je profite de mon passage à Lourmarin pour aller voir Albert Camus au cimetière ! L’auteur-philosophe de “l’Étranger” y repose en paix.


Nous profitons ensuite d’une belle journée ensoleillée pour aller admirer les fameuses gorges du Verdon aussi appelées Grand Canyon du Verdon. Véritable miracle de la nature, il s’agit de la “cerise sur le sundae” de la semaine. La route surplombant la rivière a de quoi impressionner les motards québécois ! Rendus à la Palud-sur-Verdon, l’ascension par la route des Crêtes nous attend. Cette boucle magique n’est ouverte que par temps clément. Nous allons donc admirer cette création naturelle tout en haut, tout près du ciel…






En poursuivant la route le lendemain, nous nous dirigeons vers le sud afin de retrouver la Côte méditerranéenne. Le temps se réchauffe drôlement et c’est par le col de Canadel et la forêt domaniale des Maures que nous atteignons la Méditerranée. Les bleus de la mer et du ciel s’amalgament, les cactus et les palmiers s’ajoutent au décor, puis la paillotte en bord de mer nous attend pour un délicieux diner. On se pose ici sur la plage, avec vue sur la mer, pieds dans le sable : c’est magique !

Rien de mieux que de terminer la semaine par la Côte d’Azur ! Après être rentré à Marseille, un peu de repos car nous prendrons le traversier vers la Corse le lendemain ! À suivre !
Quand Dame Nature a des sautes d’humeur…
Fin avril fut exceptionnellement froid cette année dans le sud de la France, mais nous n’avons aucun contrôle là-dessus. Lorsqu’on choisit de voyager à moto, il faut évidemment s’attendre à négocier avec les aléas de Dame Nature…
Alors qu’il ne reste que la crème solaire à appliquer, rouler par un beau temps ensoleillé représente évidemment le scénario idéal… MAIS !
Qu’un orage se pointe à l’horizon, que des vents forts nous bousculent, que le brouillard s’en mêle, la prudence est de mise… Les degrés parfois avoisinent le point de congélation ou au contraire, font presqu’exploser le thermomètre ! Le jugement du pilote ET l’équipement adapté deviennent indispensables : veste chauffante, imperméable, veste refroidissante, manteau mesh, doublure, gants, spray répulsif anti-pluie pour les visières, etc…
À moto, on doit apprendre à voyager “léger” tout en prévoyant l’imprévu. Alors un bon imper, des vêtements appropriés, une bonne attitude et la prudence surtout !


