Lors du lancement nord-américain de l’IBEX 950, CFMOTO n’a pas hésité à comparer sa nouvelle aventurière à des références bien établies dans la catégorie : la Honda Africa Twin, la KTM 890 Adventure R et la Ducati DesertX.
Une comparaison ambitieuse qui, sur papier, avait de quoi susciter mon intérêt.
Avec son équipement généreux, sa motorisation musclée et une fiche technique capable de rivaliser avec celles de ses concurrentes, CFMOTO semblait vouloir venir jouer directement dans la cour des grands.
Ayant eu la chance de piloter chacune de ces motos, j’étais particulièrement curieux de découvrir ce que cette nouvelle IBEX avait à offrir.
Et je dois avouer que mes attentes étaient élevées!
Pourtant, lors de mes premières sorties, je suis resté un peu sur mon appétit.
Pas que la moto soit mauvaise, bien au contraire! Mais je cherchais ce petit quelque chose qui distingue une bonne moto d’une moto qui nous donne véritablement envie de rouler.
Puis, au fil des kilomètres, j’ai commencé à mieux comprendre ce que CFMOTO cherchait à proposer avec cette IBEX 950.
Et si sa plus grande qualité n’était justement pas d’essayer de surpasser ses concurrentes?
Est-ce qu’une moto doit absolument nous impressionner pour être une bonne moto?
Après avoir passé du temps au guidon de l’IBEX 950, je serais tenté de répondre que non!
D’entrée de jeu, la première chose qui m’a frappé avec cette moto, c’est son accessibilité. Malgré sa cylindrée et son gabarit de moto aventure, l’IBEX 950 demeure relativement facile d’approche. Sa hauteur raisonnable et son ergonomie permettent de rapidement se sentir à l’aise à son guidon. Un avantage considérable pour ceux et celles qui trouvent certaines motos aventure de cette catégorie un peu trop imposantes.
Une mécanique qui inspire confiance


Côté motorisation, l’IBEX 950 ne manque certainement pas de puissance. Le moteur offre une belle réserve et tire franchement lorsqu’on le sollicite. Les rapports de transmission sont relativement longs. Il faut laisser monter le régime et étirer un peu les rapports pour profiter pleinement de la vivacité du moteur. Une caractéristique qui contribue probablement à cette impression de puissance généreuse, mais livrée sans brutalité.
Ça pousse fort, mais sans brutalité!
Sur le plan de la fabrication, difficile de reprocher grand-chose à CFMOTO. La qualité d’assemblage est au rendez-vous. La moto donne une impression de solidité et de robustesse, deux qualités particulièrement appréciables pour une machine destinée à l’aventure. Toutefois, certains éléments en plastique, notamment ceux situés près des repose-pieds, montraient déjà des signes d’usure après seulement 2 000 km. Un détail qui soulève quelques questions sur leur résistance à long terme.
Un équipement généreux
L’IBEX 950 propose également une liste d’équipements intéressante.
On retrouve notamment des suspensions KYB entièrement ajustables, un amortisseur de direction réglable ainsi qu’un système multimédia compatible avec Apple CarPlay.

Des équipements qui démontrent que CFMOTO ne cherche pas simplement à proposer une moto abordable, mais bien une machine capable de rivaliser avec les modèles établis dans cette catégorie.
En revanche, qui dit beaucoup de technologie ne dit pas nécessairement simplicité d’utilisation.
L’instrumentation présente énormément d’informations, parfois même un peu trop à mon goût. La navigation à travers les différents menus manque d’intuitivité et demande une certaine période d’adaptation.


Personnellement, je préfère une interface qui me permet de trouver rapidement l’information recherchée plutôt que de devoir naviguer à travers une multitude de menus.
Quelques irritants au quotidien
Comme toute moto, l’IBEX 950 possède aussi ses petits défauts.
La gestion de la chaleur dégagée par le moteur est certainement un élément à considérer. Des déflecteurs sont disponibles pour améliorer le confort du pilote, mais ils ne font évidemment pas disparaître la source du problème.
L’aménagement du poste de pilotage mérite également quelques commentaires. La disposition du pare-brise ajustable peut compliquer l’installation ou le positionnement d’un GPS, un détail qui prend toute son importance lorsqu’on utilise régulièrement sa moto pour voyager.


Les rétroviseurs méritent également quelques commentaires. Bien qu’ils soient ajustables et rabattables, leur manipulation est plutôt laborieuse. À force de les repositionner, ils ont tendance à se dévisser, obligeant le pilote à s’arrêter et à sortir les outils pour les resserrer. Pas particulièrement pratique lorsqu’on alterne régulièrement entre la route et les sentiers!
Mais au-delà de ces détails, c’est surtout le comportement général de la moto qui m’a laissé un peu sur mon appétit.
L’IBEX 950 est compétente, stable et rassurante. Toutefois, je ne l’ai pas trouvée particulièrement communicative.
Dans les courbes sur gravier, le train avant offrait une bonne adhérence et inspirait confiance, au point de m’inciter à augmenter progressivement le rythme. Cependant, à quelques reprises, le train avant a décroché sans véritablement m’avoir prévenu que j’approchais de sa limite d’adhérence.

Dans plusieurs autres situations, j’ai eu tendance à pousser davantage simplement parce que la moto ne me transmettait pas beaucoup d’informations sur ce qui se passait sous les roues.
Était-ce une question de pneus, de suspensions ou de géométrie du châssis? Difficile de pointer un seul responsable.
Une chose est certaine : malgré son comportement sain et rassurant, j’aurais aimé que l’IBEX me communique davantage ce qui se passe entre les pneus et le sol.
Et au-delà de cet aspect technique, il me manquait également ce petit quelque chose qui nous donne envie de prolonger la randonnée simplement pour le plaisir de rouler.
Alors, où se situe l’IBEX 950?
C’est probablement ici que cette moto devient particulièrement intéressante.
Pour un motocycliste qui trouve une Honda Africa Twin, une KTM 890 Adventure ou une Husqvarna Norden 901 trop haute ou trop imposante, l’IBEX 950 pourrait représenter une excellente solution.
Elle offre une motorisation généreuse, une fabrication sérieuse, un équipement complet et surtout une accessibilité qui pourrait faire toute la différence pour plusieurs motocyclistes.



À environ 17 550 $, elle se positionne dans un segment particulièrement compétitif. Elle ne révolutionne pas la catégorie et ne vient pas nécessairement redéfinir nos attentes envers une moto aventure.
Mais est-ce vraiment ce qu’on lui demande?
Notre verdict
La CFMOTO IBEX 950 ne m’a pas procuré de véritable effet WOW. Elle n’a pas le caractère d’une Ducati DesertX ni le côté joueur d’une KTM 890 Adventure R.
Mais au fil des kilomètres, j’ai compris qu’elle possédait d’autres qualités.
Son accessibilité physique, son comportement rassurant, sa motorisation généreuse et son équipement complet en font une moto particulièrement intéressante pour ceux et celles qui souhaitent passer à une aventurière de plus grosse cylindrée sans nécessairement se retrouver avec une machine intimidante qui semble avoir été conçue pour un joueur de basketball!
Et c’est probablement là que CFMOTO a visé juste.
Alors, est-ce qu’une moto doit absolument nous impressionner pour être une bonne moto?
Certainement pas.
L’IBEX 950 ne m’aura peut-être pas fait tomber en amour, mais elle m’a convaincu qu’elle avait sa place parmi les grandes aventurières.
Pas un game changer, mais une moto sérieuse, bien équipée et qui mérite certainement sa place dans le créneau!
Points forts
Comportement franc.
Puissance du moteur.
Équipement complet.
Accessible.
Points faibles
Peu communicative.
Dégage beaucoup de chaleur.
Le tableau de bord contient trop d’informations.


